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S-V
W-Z

General à vendre
(Les frères Jacques)

Gigi l’Amoroso
(Dalida)

Hécatombe
(Georges Brassens)

Il a neigé sur Yesterday
(Marie Laforêt)

Il n’ya pas d’amour heureux
(Georges Brassens)

Il suffirait de presque rien
(Serge Reggiani)

Inch Allah
(Salvatore Adamo)

J’ai dix ans
(Alain Souchon)

General à vendre
Letra de Francis Blanche y música de de Pierre Philippe
1954

De bon matin me suis levé c'était dimanche
A la carriole j'ai attelé la jument blanche
Pour m'en aller au marché
Dans le chef-lieu du comté
Paraît qu'y avait des généraux à vendre

Mais le soleil écrasait tant la route blanche
La jument s'arrêtait si souvent sous les branches
Que lorsque je fus rendu
On n'm'avait pas attendu
Et tous les généraux étaient vendus

Pourtant là-bas tout au fond du champ de foire
Par un coup d'chance il en restait encore un
Il n'était pas couvert de gloire
Mais avec un peu d'ripolin
Il pouvait faire encore très bien

J'l'ai échangé contre un cageot de pommes pas mûres
Quatre choux-fleurs et une tartine de confiture
Tout ça pour un général
C'était vraiment pas trop mal
Et puis je l'ai chargé dans la voiture

A la maison on m'a fait des reproches amers
Encore une fois paraît que j'm'étais laissé faire
Un Général dans c't'état
Ça valait beaucoup moins qu'ça
Mais puisque c'était fait tant pis pour moi

Et puis les gosses ont eu peur de sa moustache
Elle était rousse et ça les faisait pleurer
On lui a coupé d'un côté
Mais l'chien s'est mis à aboyer
Alors on a laissé l'autre moitié

Il fichait rien pour pas salir son beau costume
De temps en temps il épluchait quelques légumes
Ou réparait l'escabeau
Ou débouchait l'lavabo
Mais y n'savait même pas jouer du piano

Pourtant certains soirs, certains soirs d'été
Le Général s'asseyait sur la paille
Et les yeux perdus dans l'immensité
Il nous racontait ses batailles

Il nous parlait des Dardanelles
Quand il n'était que Colonel
Et de la campagne d'Orient
Quand il n'était que Commandant
L'épopée napoléonienne
Quand il n'était que Capitaine
Et puis la Guerre de Cent Ans
Quand il n'était que Lieutenant
Les Croisades et Pépin le Bref
Quand il n'était que Sergent-Chef
Et les éléphants d'Annibal
Quand il n'était que Caporal
Les Thermopyles, Léonidas
Quand il n'était que deuxième classe
Et Ramsès II, la première guerre
Quand sa mère était cantinière

Puis le Général jusqu'au p'tit matin
Déroulait le fil de son immense histoire
Puis il s'endormait sur sa botte de foin
Et nous sans parler
Nous rêvions de gloire

Il est resté comme ça chez nous
Jusqu'à l'automne
Sans travailler sans trouver la vie monotone
Ça nous a même étonnés
D'apprendre par le curé
Qu'il avait fait deux jumeaux à la bonne

Et puis voilà qu'par un beau matin
De décembre
Il est entré sans même frapper
Dans ma chambre
Il v'nait de lire dans l'journal
Qu'on le nommait Maréchal
Alors il nous quittait c'était fatal

Je l'ai r'conduit en carriole jusqu'à la ville
On m'a rendu mes choux-fleurs
Et mes cageots
Et sans émotion inutile
Sans pleurs et sans se dire un mot
On s'est quittés en vrais héros

A la maison la vie a r'pris sans aventure
Y a plus personne pour nous chiper des confitures
Le Général au bistrot
Avait planté un drapeau
Pour la patrie j'ai payé la facture

Je ne suis plus jamais retourné au marché
Mais quelques fois dans le ciel de la nuit d'été
On voit briller cinq étoiles
Et ça nous fait un peu mal
Oh n'achetez jamais un Général


Gigi l’Amoroso
Letra y música de Michaele, L. & P. Sebastián, R. Rinaldi
1974
© Editions Carrère – Boona Music

Je vais vous raconter
Avant de vous quitter
L'histoire d'un p'tit village près de Napoli
Nous étions quatre amis
Au bal tous les samedis
A jouer, à chanter toute la nuit
Giorgio à la guitare
Sandro à la mandoline
Moi je dansais en frappant du tambourin
Mais tous ceux qui venaient
C'était pour écouter
Celui qui faisait battre tous les cœurs
Et quand il arrivait
La foule s'écriait

Arriva, Gigi l'Amoroso
Croqueur d'amour, l'œil de velours comme une caresse
Gigi l'Amoroso
Toujours vainqueur, parfois sans cœur
Mais jamais sans tendresse
Partout, c'était la fête quand il chantait
Zaza, luna caprese, o sole mio
Gigi Giuseppe

Mais tout le monde l'appelait Gigi l'Amour
Et les femmes étaient folles de lui, toutes
La femme du boulanger, qui fermait sa boutique tous les mardis pour aller...
La femme du notaire qui était une sainte et qui n'vait jamais tromper son mari auparavant
Et la veuve du colonel
La veuve du colonel qui ne porta plus le deuil parce qu'il n'aimait pas le noir
Toutes, je vous dis
Même moi, mais moi, Gigi aimait trop sa liberté, jusqu'au jour où...

Une riche américaine
A grands coups de je t'aime
Lui proposa d'aller jusqu'à Hollywood
Tu seras le plus beau
De tous les Caruzos
Lui disait-elle jusqu'à en perdre haleine
Nous voilà à la gare
Avec tous nos mouchoirs
Le cœur serré, émus par ce grand départ
Pourtant on était fier
Qu'il dépasse nos frontières
Gigi partait conquérir l'Amérique
Et quand il arriva
Le village était là

Arriva, Gigi l'Amoroso
Croqueur d'amour, l'œil de velours comme une caresse
Gigi l'Amoroso
Toujours vainqueur, parfois sans cœur
Mais jamais sans tendresse
Et là, devant la foule, il a chanté
Zaza, luna caprese, o sole mio

Gigi, quand le train eut disparu, nous sommes tous rentrés chez nous
Et le lendemain, le village n'était plus le même
La femme du boulanger refusa d'allumer son four
La femme du notaire, par désespoir pris plusieurs amants
Et la veuve du colonel ferma ses persiennes et reprit le deuil pour la seconde fois
Oui, le village avait bien changé
Et moi...

Des années ont passé
Cinq hivers, cinq étés
No news, c'était good news on nous avait dit
Il a fallu du cran
Du courage et du temps
Pour arriver à continuer sans lui
Et malgré son absence
La nuit dans le silence
Oubliant nos costumes et nos istruments
On entendait venir
Comme une larme un soupir
Du fond de la salle cette mélodie
Croqueur d'amour, l'œil de velours comme une caresse
Gigi...

Gigi ? c'est toi là-bas dans le noir ?
Attends, laisse-moi te regarder
Mais tu pleures
Tu pleures Gigi
Ça n'a pas été là-bas, hein
Et alors, et alors, qu'est ce qu'ils comprennent
Ces Américains à part le rock et le twist, hein
Ma Gigi, qu'est-ce que tu croyais, devenir comme ça Gigi l'Americano
E invece no, tu sei Giuseppe Frabrizio Luca Santini
Et tu es Nappolitain
Ecoute, Giorgio s'est mis à la guitare
Attends, Sandro est là aussi
Mais, mais tu ne peux pas t'en aller comme ça
Ici tu es chez toi
Ici tu es le roi
Tu entends, tu les entends Gigi
Ils sont tous là
Ils ont dû te reconnaître à la gare
Chante Gigi, chante, c'est ton public
Chante pour eux, chante pour moi qui n'ai jamais su te parler
Oui, vas-y, bravo Gigi, chante !

Arriva, Gigi l'Amoroso

Croqueur d'amour, l'œil de velours comme une caresse
Gigi l'Amoroso
Toujours vainqueur, parfois sans cœur
Mais jamais sans tendresse
Partout, c'était la fête quand il chantait
Zaza, luna caprese, o sole mio
Arriva, Gigi l'Amoroso
Croqueur d'amour, l'œil de velours comme une caresse
Gigi l'Amoroso
Toujours vainqueur, parfois sans cœur
Mais jamais sans tendresse
Partout, c'était la fête quand il chantait
Zaza, luna caprese, o sole mio

Hécatombe
Letra y música de Georges Brassens
1955
© Editions Intersong

Au marché de Briv'-la-Gaillarde
A propos de bottes d'oignons
Quelques douzaines de gaillardes
Se crêpaient un jour le chignon
A pied, à cheval, en voiture
Les gendarmes mal inspirés
Vinrent pour tenter l'aventure
D'interrompre l'échauffourée

Or, sous tous les cieux sans vergogne
C'est un usag' bien établi
Dès qu'il s'agit d'rosser les cognes
Tout le monde se réconcilie
Ces furies perdant tout' mesure
Se ruèrent sur les guignols
Et donnèrent je vous l'assure
Un spectacle assez croquignol

En voyant ces braves pandores
Etre à deux doigts de succomber
Moi, j'bichais car je les adore
Sous la forme de macchabées
De la mansarde où je réside
J'exitais les farouches bras
Des mégères gendarmicides
En criant: "Hip, hip, hip, hourra!"

Frénétiqu' l'un' d'elles attache
Le vieux maréchal des logis
Et lui fait crier: "Mort aux vaches,
Mort aux lois, vive l'anarchie!"
Une autre fourre avec rudesse
Le crâne d'un de ses lourdauds
Entre ses gigantesques fesses
Qu'elle serre comme un étau

La plus grasse de ses femelles
Ouvrant son corsage dilaté
Matraque à grand coup de mamelles
Ceux qui passent à sa portée
Ils tombent, tombent, tombent, tombent
Et s'lon les avis compétents
Il paraît que cette hécatombe
Fut la plus bell' de tous les temps

Jugeant enfin que leurs victimes
Avaient eu leur content de gnons
Ces furies comme outrage ultime
En retournant à leurs oignons
Ces furies à peine si j'ose
Le dire tellement c'est bas
Leur auraient mêm' coupé les choses
Par bonheur ils n'en avait pas
Leur auraient mêm' coupé les choses
Par bonheur ils n'en avait pas


Il a neigé sur Yesterday
Letra y música de Jean-Claude Petit, T. Rallo y M. Jourdan
1977

Il a neigé sur Yesterday
Le soir où ils se sont quittés
Le brouillard sur la mer s'est endormi
Et Yellow Submarine fût englouti
Et Jude habite seule, un cottage à Chelsea
John et Paul je crois sont les seuls
A qui elle ait écrit
Le vieux sergent Pepper a perdu ses médailles
Au dernier refrain d'Hello Good Bye
Hello Good Bye

Il a neigé sur Yesterday
Le soir où ils nous ont quitté
Penny Lane aujourd'hui a deux enfants
Mais il pleut sur l'île de Wight au printemps.
Eleonor Rigby aux quatre musiciens
Viennent séparement vous voir
Quand ils passent à Dublin
Vous parler de Michèle
La belle des années tendres
De ces mots qui vont si bien ensemble
Si bien ensemble

Il a neigé sur Yesterday
Le soir où ils se sont quittés
Penny Lane c'est déjà loin maintenant
Mais jamais elle n'aura de cheveux blancs.
Il a neigé sur Yesterday
Cette année là même en été
En cueillant ces fleurs
Lady Madonna a tremblé
Mais ce n'était pas de froid
Il a neigé sur Yesterday
Cette année là même en été
En cueillant ces fleurs
Lady Mac Donald a tremblé
Mais ce n'était pas de froid
Il a neigé sur Yesterday
Cette année là même en été
En cueillant ces fleurs
Lady Madonna a tremblé
Mais ce n'était pas de froid
Il a neigé sur Yesterday

Il n’ya pas d’amour heureux
Poema de Louis Aragon y música de Georges Brassens
1953
© Editions Musicales

Rien n'est jamais acquis à l'homme. Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son cœur. Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce

Il n'y a pas d'amour heureux

Sa vie elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de ce lever matin
Eux qu'on retrouve au soir désarmés incertains
Dites ces mots ma vie et retenez vos larmes

Il n'y a pas d'amour heureux

Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j'ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent

Il n'y a pas d'amour heureux

Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos cœurs à l'unisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare

Il n'y a pas d'amour heureux

Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri
Il n'y a pas d'amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l'amour de la patrie
Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs

Il n'y a pas d'amour heureux

Il suffirait de presque rien
Letra de Gérard Bourgeois y música de François Bernheim y Jean-Marie Rivière
1968

Il suffirait de presque rien
Peut-être dix années de moins
Pour que je te dise "Je t'aime"
Que je te prenne par la main
Pour t'emmener à Saint-Germain
T'offrir un autre café-crème

Mais pourquoi faire du cinéma
Fillette allons regarde-moi
Et vois les rides qui nous séparent
A quoi bon jouer la comédie
Du vieil amant qui rajeunit
Toi même ferais semblant d'y croire

Vraiment de quoi aurions-nous l'air
J'entends déjà les commentaires
"Elle est jolie, comment peut-il encore lui plaire
Elle au printemps, lui en hiver"

Il suffirait de presque rien
Pourtant personne tu le sais bien
Ne repasse par sa jeunesse
Ne sois pas stupide et comprends
Si j'avais comme toi vingt ans
Je te couvrirais de promesses

Allons bon voilà ton sourire
Qui tourne à l'eau et qui chavire
Je ne veux pas que tu sois triste
Imagine ta vie demain
Tout à côté d'un clown en train
De faire son dernier tour de piste

Vraiment de quoi aurais-tu l'air
J'entends déjà les commentaires
"Elle est jolie, comment peut-il encore lui plaire
Elle au printemps, lui en hiver"

C'est un autre que moi demain
Qui t'emmènera à St-Germain
Prendre le premier café crème
Il suffisait de presque rien
Peut-être dix années de moins
Pour que je te dise "Je t'aime"

Inch Allah
Letra y música de Salvatore Adamo
1966
© Editions EMI Publishing France

J'ai vu l'orient dans son écrin
Avec la lune pour bannière
Et je comptais en un quatrain
Chanter au monde sa lumière

Mais quand j'ai vu Jérusalem
Coquelicot sur un rocher
J'ai entendu un requiem
Quand sur lui je me suis penché

Ne vois-tu pas humble chapelle
Toi qui murmures paix sur la terre
Que les oiseaux cachent de leurs ailes
Ces lettres de feu danger frontière

Le chemin mène à la fontaine
Tu voudrais bien remplir ton seau
Arrête-toi Marie-Madeleine
Pour eux ton corps ne vaut pas l'eau

Inch'Allah

Et l'olivier pleure son ombre
Sa tendre épouse son amie
Qui repose sous les décombres
Prisonnières en terre ennemie

Sur une épine de barbelés
Le papillon guette la rose
Les gens sont si écervelés
Qu'ils me répudieront si j'ose

Dieu de l'enfer ou Dieu du ciel
Toi qui te trouves ou bon te semble
Sur cette terre d'Israël
Il y a des enfants qui tremblent

Inch'Allah

Les femmes tombent sous l'orage
Demain le sang sera lave
La route est faite de courage
Une femme pour un pavé

Mais oui j'ai vu Jérusalem
Coquelicot sur un rocher
J'entends toujours ce requiem
Lorsque sur lui je suis penché

Requiem pour 6 millions d'âmes
Qui n'ont pas leur mausolée de marbre
Et qui malgré le sable infâme
On fait pousser 6 millions d'arbres

Inch'Allah

J’ai dix ans
Letra y música de Alain Souchon
1974
Del álbum “j’ai dix ans”
© Editions Train Bleu Monte Carlo

J'ai dix ans
Je sais que c'est pas vrai mais j'ai dix ans
Laissez-moi rever que j'ai dix ans
Ça fait bientot quinze ans que j'ai dix ans
Ça parait bizarre mais
Si tu m'crois pas hé
T'ar ta gueule à la récré

J'ai dix ans
Je vais a l'école et j'entends
De belles paroles doucement
Moi je rigole, cerf-volant
Je reve, je vole
Si tu m'crois pas hé
T'ar ta gueule à la récré

Le mercredi je m'balade
Une paille dans ma limonade
Je vais embeter les quilles a la vanille
Et les gars en chocolat

J'ai dix ans
Je vis dans des spheres ou les grands
N'ont rien à faire, je vois souvent
Dans des montgolfieres des géants
Et des petits hommes verts
Si tu m'crois pas hé
T'ar ta gueule à la récré

J'ai dix ans
Des billes plein les poches, j'ai dix ans
Les filles c'est des cloches, j'ai dix ans
Laissez-moi rever que j'ai dix ans
Si tu m'crois pas hé
T'ar ta gueule à la récré

Bien cache dans ma cabane
Je suis l'roi d'la sarbacane
J'envoie des chewing-gums maches à tous les vents
J'ai des prix chez le marchand

J'ai dix ans
Je sais que c'est pas vrai mais j'ai dix ans
Laissez-moi rever que j'ai dix ans
Ça fait bientot quinze ans que j'ai dix ans
Ça parait bizarre mais
Si tu m'crois pas hé
T'ar ta gueule à la récré

Si tu m'crois pas hé
T'ar ta gueule à la récré
Si tu m'crois pas
T'ar ta gueule
A la récré
T'ar ta gueule